Djahida HOUADEF

Philosophiquement moi





Philosophiquement moi



 
Psychiquement moi,
 
Petite et depuis ma naissance, narcissique et naïve que j’étais ! J’imaginais que Dieu avait crée ce monde juste pour moi. J’avais toujours pensé qu’il n’existait qu’un nombre restreint de personnes, constitué de ma famille, de mes voisins, de mes instituteurs, de mes camarades et de gens que je croisais quotidiennement. Ainsi pour moi, le monde s’arrêtait à ces quelques individus.
 
Mais, au fur et à mesure que je saisissais l’espace à travers le temps et la lumière, je découvrais qu’il y avait sur terre des milliers de personnes et chacune d’entre elles était un monde prodigieux. Des individus à l’infini dans un univers aussi vaste qu’interminable…
 
Je grandissais et je comprenais que dans ce monde je n’étais pas seule et que surtout je n’allais pas le changer. Seulement, j’allais le confectionner avec toute la matière qui bâtissait ma personnalité… 
 
 
Psychologiquement moi,
 
Ma personnalité a gigoté un peu dans tous les sens avant de sortir de sa chrysalide et de construire le définitif. Elle a bercé dans la sagesse et l’extravagance, dans l’assurance et le doute, dans le plein et le vide… Comme dans tout apprentissage, je me suis forméedans la maladresse et dans le savoir-faire. Mes parents m’ont toujours inculquée le compte sur soi, la sincérité, et l’altruisme...
 
Bien que ma conscience m’ait révélée que je n’étais pas le centre du monde, j’avais un désir ébranlant de le réinventer et de déplacer ses composants comme les pièces de lego d’une fonction à une autre… J’inventais des jeux pour mes frères et sœurs, je découpais des revues, toutes sortes de personnages, des femmes, des hommes et des enfants. Et nous les manipulions et dirigions à notre guise comme des marionnettes, nous leur improvisions des scénarios sur des sujets du quotidien revus et corrigés par notre imagination, dont faisaient l’objet les voisins et les voisines, les parents et les enfants, les maîtres et les élèves…
 
 
Chimiquement moi,
 
Mes molécules ont appelé mes atomes pour souder ma matière grise, j’étais enfin accomplie et toute faite. Cette matière perpétrait en moi un corps et un esprit… j’ai reculé vers l’arrière pour mieux avancer vers l’avant. J’ai regagné mes souvenirs et en particulier, ceux de mon enfance. Delà, ont ressurgi les jeux les plus lointains pour les rendre réalité comme par magie. Mais, au lieu de faire du ready made découpé dans les revues, j’ai creusé dans l’espace une nouvelle lumière; elle a imprégné en moi une image faite à la mesure de mes espérances et de mes désirs… Avec cette divination, je n’ai pas oublié la philosophie de mes parents à savoir, on ne peut être servi que par soi-même. À cette idée, j’ai pris des outils et colorié le monde de mon rêve… Celui du beau, de la nature dans toute sa sauvagerie et sa splendeur, de la verdure paradisiaque, des fleurs et encore des fleurs pour une poésie à l’ivresse du sublime au féminin… Résurrection moi….
 
Djahida HOUADEF