Djahida HOUADEF

Empreintes

 

 

Empreintes

 

 

Je vis dans un monde et je peins un autre. Cet autre monde a toujours équilibrait, équilibre et équilibrera de ce fait ma vie, à laquelle d’ailleurs, je ne changerai même pas un grain, absolument rien, je garderais volontiers ces moments de privilège d’être dedans, totalement dedans, dans un état d’extase, où je recherche les traces et les sensations d’un vécu afin d’en laisser d’autres. Reste aussi de trouver le temps de se rapprocher des empreintes dans leurs moindres détails. Empreinte d’une pensée qui donne une réflexion ouverte et ordonnée, d’une odeur qui exhale un bien être, d’une voie musicale qui berce dans des nuages souples et raffinées bien haut dans le ciel, d’une lecture adoucissant les mœurs, d’une chanson apaisant l’esprit par ces paroles peintes en vert comme la terre et en bleu comme l’étendu du ciel, d’une nourriture qui donne l’appétit et un engouement au corps, d’un regard posé sur un corps proportionné par les canons des dieux grecs, d’un désir charnel dans toute sa beauté sublime, d’un cri dégageant toute la tension du corps, d’un néant céleste qui peut remplir le vide que par son vide. D’une écriture graphique composée par les courbes de la ligne en arabesque comme une danse orientale. D’une ligne enfoncée jusqu’à ce qu’elle se grave à jamais sur une roche, une feuille, une peau, un cœur donnant naissance à des sillons qui dessinent la vie.

Enfin, je garderai encore plus ces moments où je suis mise dehors ; où mon visa d’entrée dans ce monde imaginaire est expiré ; je lui redeviendrais complètement étrangère. Je le regarderais comme le fait n’importe qui, un regard de satisfaction, d’admiration et de bonheur.  Et à cet instant là, il ne me restera qu’à retrouver l’art et la manière de pouvoir exécuter une autre performance d’entrée.


 

 

                               Djahida  HOUADEF